Gambetta, 6h45

Ce matin, 6h45, station Gambetta, une maman avec 5 enfants. Deux garçons pas au-delà de 5 ans, l’aînée (12 ans?) le bras dans le plâtre et une difficulté évidente pour monter les escaliers. Peut-être y a-t-il un papa mais s’il y en a un, il travaille de nuit … ou encore peut-être a tellement perdu le contact que ce n’est même pas la peine d’en parler.

À quelle heure faut-il réveiller tout ce petit monde pour être dans le métro avant 7h? A 16h30, à la fin de la journée d’école, il y en aura un qui sera debout depuis au moins 2h de plus que les autres, et qui mettra deux heures de plus pour rentrer chez lui. C’est peut-être celui dont on dira que la maman est quand même souvent en retard. C’est en tout cas celui dont il est le plus probable qu’on la convoquera parce qu’il dort, ou parce qu’il s’agite pour s’en empêcher. Et comme peut-être elle ne pourra pas venir, n’aura pas prévenu…

Mais probable ne veut pas dire fréquent. Et c’est peut-être bien aussi de ce gamin que tout le monde admirera les résultats scolaires. Que tout le monde dira qu’il est drôlement mature pour 15 ans. En se demandant quelques secondes quand même pourquoi ce choix d’orientation qui semble au rabais? Ou pourquoi encore ces deux ou trois moments où on cru constater que le gamin avait une attitude différente selon qu’il était face à un homme ou une femme?

29% des familles que nous croisons tous les jours ne correspondent pas à la définition que nous donnerions spontanément à ce mot, sans jamais avoir réellement réfléchi dessus. Car même lorsque nous rejetons la définition Sens commun, avons-nous idée de la moitié seulement des configurations dans lesquelles les enfants vivent? Je songe à cette jeune fille à qui il ne reste plus qu’un oncle.

Depuis des décennies peut-être que c’est un fait social majeur, que bon nombre des questions qui se posent en milieu scolaire par exemple nous y ramènent, cela ne semble jamais avoir accédé à la dignité de sujet politique. Parce que nous ne voyons du monde que ce qui correspond à l’idée que nous nous en faisons, et que ce qui flatte la haute idée que nous nous faisons de nous-mêmes.

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